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LES AIDES AU DEVELOPPEMENT D'URGENCE

BRESIL

CLUB ERE DES PETITS TRAVAILLEURS DE RUE DE NOVOS ALAGADOS

Dans les banlieues de Salvador de Bahia, troisième ville du Brésil en population, se localise la favela de Novos Alagados. Cette favela est, à l'origine, une agglomération de maisons sur pilotis, construites par des migrants noirs de la campagne ayant été expulsés par les fermiers qui remplaçaient la main d'oeuvre agricole par des boeufs.

Parvenus sur les bords de l'océan, ces migrans ont contruit leurs premiers abris sur le sable recouvert par l'océan. C'était le seul espace qu'ils pouvaient occuper gratuitement.

La construction sur pilotis s'explique par le fait que la terre est la propriété de deux personnes depuis deux siècles, qui louent l'espace à des prix inaccessibles pour les plus démunis. Ils ont donc construit sur et dans l'océan, là où le fond de sable est gratuit, ce qui donne une idée des conditions de vie.

Depuis 1975, un couple d'agents pastoraux de la communauté Raoul Follereau y a commencé un travail de communauté de base. Dès 1977, les habitants créèrent une organisation populaire "La Société du 1er Mai", avec l'objectif de lutter pour l'amélioration de leurs conditions de vie.

Pour cela, deux projets furent mis en place. Le premier consistait, avec l'aide du Gouvernement, à améliorer les conditions d'habitat. Ainsi, une partie des maisons sur pilotis ont été remplacées par de petites maisons neuves en dur, une fois le terrain viabilisé.

Le deuxième projet naquit en 1977, des résultats d'une recherche faite par les membres de l'association : ils constatèrent que le taux d'analphabètes dans la favela s'élevait à 74,4 % avec une fréquentation des écoles inférieure à 30 % chez les enfants âgés de 7 à 14 ans.

L'association construisit une école sur pilotis, et 22 ans plus tard, le taux d'analphabétisme était descendu à 4,2 % pour les moins de 25 ans.

Puis vint le problème "des enfants des rues". Ce phénomène des enfants non scolarisés et restant dans les rues de la favela pour vendre divers produits ou mendier, s'explique par le chômage et la misère des familles les plus pauvres à la suite de la crise économique que subit durablement le Brésil depuis 1989.

Afin d'aider ces enfants et ces jeunes, l'association a créé le "Club ERE des Petits Travailleurs de rue de Novos Alagados" en 1993. ERE signifie "enfant" dans la langue africaine ioruba, nation d'origine des noirs de Bahia.

Club ERE des petits travailleurs de rue de Novos Alagados

En six ans, 662 enfants et jeunes ont pu quitter les rues, se sont réintégrés dans la communauté et sont retournés à l'école.

Les jeunes membres du Club ERE reçoivent 15 dollars par mois comme argent de poche, pour être moins sensibles aux tentations de la rue et subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. Ils y viennent pour assister à quatre ateliers : mathématiques et jeux, langue portugaise et théâtre de marionnettes, impression, créativité. Ils s'initient également à un métier : couture, menuiserie ou artisanat.

Pour réaliser ce programme, la Société du 1er Mai a reçu des ressources de la Caritas Suisse et du "Ministère du Travail et de l'Action Sociale du Brésil".

Ce Club rencontre aujourd'hui un problème : le manque de place et le risque d'expulsion d'un bâtiment provisoire prêté. Il est donc nécessaire de construire un bâtiment plus vaste afin d'accueillir, d'une part plus d'ateliers (musique, danse, peinture et théâtre), d'autre part plus d'enfants et surtout, ceux qui ont des problèmes familiaux, afin qu'ils puissent bénéficier de soins psychologiques et de deux ateliers d'art-thérapie. Toutes ces nouvelles activités permettront une prévention plus importante de la toxicomanie et de la délinquance.

Le coût global de cette construction s'élève à 22 105 Euros.

Afin de faire aboutir le projet, la Fondation a financé la construction, sur un grand terrain au centre de la favela, du premier étage de ce nouveau bâtiment de plus de 200 m2 et d'un terrain de sport clos, permettant ainsi à d'autres enfants des rues de retrouver le chemin de l'école et l'espoir d'un avenir meilleur.

La construction du Club ERE. Le bâtiment neuf et la favela à Novos Alagados
Novos Alagados, à gauche le mur du batiment nouvellement construit

Le coût de la vie au Brésil ne cessant de grimper, les derniers équipements permettant de mettre les salles en service doivent encore être réalisés.

Madame Koechlin, de l'association Amarti, donnant depuis un an une formation d'art-thérapie aux éducateurs et agents de santé de la favela Novos Alagados, a pu constater, en novembre 2001 l'état de réalisation du projet.

Pour plus d'informations sur l'association Amarti, vous pouvez consulter leur site.



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